Crise en zone anglophone. L’ONU respectera la souveraineté du Cameroun

Ainsi peut se résumer le message passé au Premier ministre par le représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique centrale.

Pierre NGOM

Le Premier ministre, chef du gouvernement, a reçu en audience ce 7 août, le représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique Centrale. Philemon Yang et François Lounceny Fall ont discuté des questions allant des situations politiques et sécuritaires à la coopération entre le Cameroun et l’Organisation des Nations Unies (ONU). De manière générale, le fonctionnaire onusien a indiqué que l’ONU soutenait la paix, la sécurité et l’unité au Cameroun. Au sujet précisément de la crise sociopolitique qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, Lounceny Fall a clairement affirmé que c’était un problème interne et a conseillé aux Camerounais de le résoudre eux-mêmes.

Cette prise de position des Nations Unies intervient après l’exhortation d’«éviter toute ingérence» dans cadre de la crise dans les régions anglophones du Cameroun, faite par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), à l’endroit du Secrétaire Général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix. Pour les Chefs d’Etat de la CEEAC, la crise dans les régions anglophones est « un problème interne au Cameroun, maitrisé par les autorités camerounaises ». De ce point de vue, il ne nécessite à ce stade « aucune intervention de la communauté internationale ». Ces derniers disent d’ailleurs « leur attachement au principe de non-ingérence dans les affaires internes des Etats et au respect de l’intégrité territoriale du Cameroun, un Etat uni et indivisible ». Une souveraineté qu’une intervention engagée sans la demande/accord du gouvernement camerounais violerait en effet. Pour rester conforme à sa charte, qui exige le respect de la souveraineté des Etats, la doctrine onusienne de la paix, repose notamment sur le consentement des parties et principalement de l’État dont le territoire doit servir de théâtre d’opérations.

Au cours de la même audience, le représentant spécial du SG de l’ONU pour l’Afrique Centrale, qui a dit avoir pris note de ce que le gouvernement faisait pour normaliser la situation dans ces régions, estime même que la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM) est une bonne approche pour résoudre ce problème. Ils sont en effet nombreux, les partenaires extérieurs du Cameroun qui pensent ainsi. Depuis la création du CNPBM, ceux-ci se pressent d’ailleurs au siège de cette structure pour proposer leur assistance. Rien qu’au cours du mois de juillet dernier, la « Commission Musonge » a ainsi enregistré la visite tour à tour du Directeur du bureau régional multisectoriel de l’Unesco pour l’Afrique Centrale, du Haut-commissaire de Grande-Bretagne et de l’ambassadeur de France au Cameroun.

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