Le Sud-Ouest et ses unités industrielles. Une assiette de production forte malgré la crise

Les entreprises installées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest constituent des cibles naturelles pour les hordes de brigands évoluant dans la localité depuis le début de la crise sécessionniste.

Charles ABEGA

A vouloir interpréter les faits d’actualité qui rythment depuis environ un an, la partie anglophone du Cameroun, les observateurs parleraient de préméditation pour les multiples actes répréhensibles commis par les bandes armées séparatistes. Des bandits de grand chemin qui kidnappent et rançonnent, dans l’espoir de repartir avec un butin confortable pour s’équiper en armes, nourrir les hommes, et bien plus encore. Car, et il convient de le rappeler ici, avant même les toutes premières revendications corporatistes sur le terrain, les leaders de ce mouvement avaient déjà réussi à se faire de l’argent, en « cédant » des terres riches en pétrole à un une entreprise canadienne, d’où l’affaire Kilimandjaro. La nébuleuse financière canadienne Kilimandjaro Capital Ltd signait alors en … novembre 2012, avec le gouvernement autoproclamé de l’Etat fantoche de « l’Ambazonie », « Government of Southerns Cameroons », des accords d’exploitation de supposés gisements pétroliers et de minéraux dont ils disposeraient sur « leur territoire ». Un deal ignominieux portant sur 43.000 km² du précieux territoire camerounais, que des individus sans aucune légitimité ont osé proposer sur le marché international, obtenir un client, pour une somme qui jusque-là, reste inconnue. Du coup, l’on comprend que même le profil de l’acquéreur est bien douteux.

L’évocation de cet épisode est pour mettre en lumière les intentions et la moralité qui sont celles des indépendantistes, des scélérats qui s’en mettent plein les poches sans un réel souci de l’intérêt général des populations qu’ils prétendent vouloir libérer d’un quelconque joug. Après avoir orchestré des braquages de stations-services et d’agressions d’homme d’affaires à l’instar de cet opérateur économique nigérian à qui ils ont dépossédé de 50 millions de FCFA le 19 juin à Buéa. Après ces micros opérateurs, il fallait s’attaquer aux symboles forts de l’Etat. Or, la CDC (Cameroon Development Corporation), deuxième plus gros employeur camerounais après l’Etat, la SONARA (Société Nationale de Raffinage des produits pétroliers) ou encore PAMOL spécialisé dans la production locale de l’huile de palme et autres produits dérivés, des entreprises toutes installées dans la région du Sud-Ouest, sont autant de sources de financements que les séparatistes estiment avoir à portée de main et, à défaut d’en prendre le contrôle exclusif, ils ont commencé par une forte campagne d’intimidation en direction des employés, avant de passer aux enlèvements et rançonnements. Des manœuvres dissuasives visant tout au moins à handicaper l’économie camerounaise, quand ils ne peuvent pas accéder au coffre-fort des sociétés. Les installations industrielles de la région du Sud-Ouest telles que Pamol et Cameroon Development Corporation (CDC), qui font l’objet d’attaques récurrentes, voient leurs activités paralysées et leur survie menacée. Des milliers de personnes risquent ainsi de se retrouver au chômage.

Il ne reste plus qu’à encourager la riposte des Forces de Défense et de Sécurité, qui tous les jours montent en puissance, annihilant progressivement l’élan et les prétentions des séparatistes. Les populations de la région du Sud-Ouest en général et les responsables d’entreprises en particulier, parce que particulièrement ciblés par ces malfrats, réclament un dispositif militaire encore plus rigide, pour une relance effective de la productivité des unités industrielles affaiblies.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *