Présidentielle 2018. QUID du maillage territorial des partis en lice

Après le verdict d’Elecam, Neuf candidats sont désormais  en compétition pour la présidentielle du 7 octobre 2018. Entre forces et faiblesses de chaque candidat, il y a la   présence sur le terrain qui  reste un facteur déterminant.

Anaïs FOUMANE

Ces derniers mois, de nombreux prétendants au fauteuil présidentiel ont intensifié des descentes sur le terrain. Le grand Nord certainement au regard de son importance démographique a été très sollicité pour des meetings de campagne et même d’investiture. C’est à N’Gaoundéré que l’ancien bâtonnier Akere Tabeng Muna a été investi comme candidat à la présidentielle par le Front populaire pour le développement (FPD). Le MRC de Maurice Kamto, ou encore le Parti Univers du Macron camerounais n’ont pas résisté à cet appel du grand Nord. Si ce dynamisme a voulu  trancher avec l’approche plus sobre du candidat sortant Paul Biya, elle vise davantage à élargir l’électorat de ces différents candidats. Cependant à coté de ce déploiement ponctuel, il y’a la réalité des chiffres qui elle, est implacable.  Bien que l’élection présidentielle se fasse  par suffrage universel direct, une majorité sénatoriale, législative et surtout municipale reste un atout majeur. Elle  témoigne d’une proximité avec les populations, proximité   favorable à la tenue des meetings politiques. Le Cameroun  compte 360 communes pour 9600 conseillers municipaux inégalement  répartis dans les 10 régions. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) parti au pouvoir né des cendres de l’Union nationale camerounaise en 1985, jouit d’une forte représentativité au sein de ces communes. Le parti des flammes a des élus présents dans 315 communes dans toutes les 10 régions du Cameroun pour  303 maires, 748 adjoints et 8685 conseillers municipaux. Son challenger direct qui  est le Social democratic front (SDF) du candidat Joshua Osih arrive avec  38 communes, donc  23 maires, 79 adjoints aux maires  et   826 conseillers municipaux. Le troisième parti en terme de représentativité dispose de  163 conseillers municipaux, 16 adjoints, l’Union démocratique du Cameroun  de Ndam Njoya  fait le maintien dans sept communes. Maurice Kamto du MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) est présent dans cinq communes (Douala Ier à Douala 5e et Bafoussam Ier) avec 19 conseillers municipaux.   Les statistiques ne sont pas plus honorables pour  l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD) de Garga Haman Adji. Il   affiche au compteur cinq  conseillers municipaux dans quatre communes. Le FPD qui a fraichement investi  l’expert en gouvernance Akere Muna  n’a qu’un seul conseiller municipal. Cabril Libii pour sa part, concourt sous la bannière du parti Univers  représenté dans la commune de N’Gaoundéré IIe avec deux conseillers municipaux. Le Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS)  a obtenu en 2013 un siège de  conseiller municipal à douala IV. Le parti de l’entrepreneur Serge Espoir Matomba affirme disposer de   599 956 adhérents  répartis sur l’ensemble du territoire. Enfin, le jeune Pasteur Ndifor Afanwi du MCNC  a un conseiller municipal logé  dans  la commune de Bafang.

Telles sont donc les statistiques de l’emprise territoriale des partis politiques qui sont lancés dans la course à Etoudi. Si elles ne définissent pas fatalement l’issue du scrutin, ces statistiques ont  le mérite de mettre en exergue le dynamisme de l’animation politique qui logiquement, gagne en intensité selon qu’un parti est présent ou non dans une localité. Aussi, on peut  comprendre pourquoi certaines formations politiques devront davantage battre campagne plus que d’autres ; car là ou certains ont déjà gagné les cœurs d’autres devront encore tenter  de se faire connaitre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *