Rejet des candidatures à la Présidentielle. Le Conseil constitutionnel fait l’unanimité

Jusqu’à ce jour, aucune requête en écho au rejet de dix-huit candidatures au prochain scrutin présidentiel. Validation d’un travail bien fait, bel augure ou mauvais présage ?

Charles ABEGA

Le mardi 7 août dernier, le Conseil Constitutionnel que dirige Clément Atangana par ailleurs magistrat chevronné, a rendu publique la liste des neuf candidats retenus pour la Présidentielle du 7 octobre prochain, après étude de dossiers. Ils étaient près d’une trentaine au départ, vingt-huit pour être précis, à avoir manifesté selon les dispositions légales au Cameroun, leur désir de se lancer à la conquête de la magistrature suprême pour les échéances à venir. Et après le rejet de dix-neuf candidatures, la règlementation octroyait deux jours aux recalés pour revenir vers Elections Cameroon (ELECAM) l’instance décisionnaire, et attaquer l’acte de rejet. Seulement, au bout de ces deux jours, personne n’a attaqué la décision établie. Pour les observateurs, cette acceptation générale de la décision de l’instance dirigée par Clément Atangana est de bon augure pour la suite des opérations électorales. Toutes les dispositions préétablies et connues de toute l’opinion bien au-delà des simples candidats, seraient respectées par Elécam et le Conseil Constitutionnel.

Si neuf ont reçu officiellement le visa pour la suite, il ne faut surtout pas croire que les dossiers rejetés étaient ceux de vulgaires brigands incultes. Boboro Kekomo (candidat indépendant), Kissob Bertin (CPSJ), Isaac Feuzeu (MERCI), Kum Ane Ihims (Biya Party), Tuile Tuile Chantal Roger (Debout le Cameroun), Egono Valentin (UCDI), Choupo Kamgaing Hervé (candidat indépendant), Etondè Etondè Jean Patrice (candidat indépendant), Barin Koulla Edouard (candidat indépendant), Ndemmanu Antoine de Padoue (RDPF), Gabanmidanha Rigobert (candidat indépendant), Fomo Ngotta Jean-Marie (RSDC), Habiba Issa épse Duala M’Bedi (UPC), Njoumou Léopold Steve (UREC), Jean Blaise Gwet (MPCC), Zeh Amvene Généviève (Coordonnatrice de l’ONG sans Frontière), Djapa Charly (PSEC), Olivier Bilé (UFP), Vincent Sosthène Fouda (MCPSD). Parmi eux, d’éminents universitaires, des intellectuels racés, des politiciens longuement éprouvés et rompus à la manœuvre puisqu’étant bien des fois déjà revenus avec leurs candidatures, etc. Ils savent donc tous ou presque de quoi il retourne dans un processus électoral de cette envergure et maitrisent bien les contours du contentieux quand il en est.

On peut ainsi dire sans se tromper, que le Conseil constitutionnel a mis sur de bons rails la prochaine élection présidentielle, à partir de la première étape de validation des candidatures, en rendant une décision adoptée à l’unanimité par l’ensemble des acteurs. Un autre coup dur porté inexorablement à ceux des activistes qui continuent de voir en cet important rendez-vous, l’ouverture définitive vers le chaos tant annoncé au Cameroun. Faudrait-il rappeler pour sortir que ce Conseil constitutionnel n’est pas seulement constitué des « amis » du Président de la République, mais également de représentants de l’opposition et autres membres influents de la société civile.

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