Transformation du cacao. Le Cameroun fait des progrès

La part du l’or brun transformé localement est passé de 7% en l’espace d’une saison.

Pierre NGOM

La transformation de cacao a fait un bon lors de la dernière campagne cacaoyère. Les volumes transformés par l’industrie locale sont passés de 33 023 à 53 403 tonnes entre les campagnes 2016-2017 et 2017-2018 faisant passer la part du cacao transformé localement de 14% à 21% en l’espace d’une saison. Pour les trois prochaines années, la quantité du cacao transformé sur place devrait tripler.  Selon le ministère du Commerce, la capacité de transformation installée devrait en effet augmenter pour se situer à environ 150.000 tonnes grâce aux nouveaux projets de transformation locale, dont certains seront opérationnels dès la campagne 2018-2019. Producam, 3ème exportateur de fèves de cacao sur le marché camerounais,  a par exemple annoncé le 3 janvier 2018, avoir décroché une facilité de financement pouvant atteindre 500 millions de dollars (environ 274 milliards de francs Cfa), dans le cadre du Mesa Fund 1, un fonds d’opportunités mondiales géré par le capital investisseur américain Milost Global Inc. Cet argent servira notamment à la construction d’une usine de transformation de fèves de cacao, d’une capacité de 32 000 tonnes, extensible à 64 000.

Il existe en effet une demande. «De toute la transformation locale plus de 96 % de tonnes sont broyées par les industriels et 4 % de tonnes par des unités artisanales. Les besoins des ménages sont orientés vers les produits dérivés tels que le beurre de cacao, l’huile de cacao, parfum etc.», analyse une étude publiée au mois de juin par le cabinet Knowledge. «Malheureusement, l’offre dans ce secteur est pratiquement inexistante. La production des produits dérivés reste traditionnelle», regrette Benjamin Ombe, CEO Knowledge. Le marché devient davantage important si l’on étend le spectre au niveau régional. Avec la mise en œuvre de la zone de libre-échange de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), à partir du Cameroun, l’on peut avoir accès en franchise de droit de douane aux 11 pays d’Afrique centrale soit une population de près de 160 millions de consommateurs.

Afin de stimuler ce  marché, le ministre du Commerce en procédant au lancement de la campagne cacaoyère 2018-2019, le 7 août dernier à Ngomedzap, a annoncé que le gouvernement compte densifier la promotion de la consommation des produits locaux dérivés du cacao. C’est que face à la volatilité des prix de la fève sur le marché internationale, le marché local des produits dérivés est une alternative pour commercialiser lors brun au juste prix. En développement l’industrie locale du chocolat, le pays créera par ailleurs davantage d’emplois et limitera les importations des produits transformés ailleurs. Ce qui devrait participer à rééquilibrer la balance commerciale du Cameroun actuellement déficitaire.

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