Financements innovants. L’alternative du Crowdfunding s’ouvre aux entrepreneurs camerounais

Dans un contexte marqué par le difficile accès aux crédits classiques, le gouvernement incite les porteurs de projet camerounais à recourir à ce mode de financement innovant, facilité par l’essor des TIC.

Olivier BOKALE

L’accès au financement reste une difficulté majeure pour les entreprises camerounaises. Une récente étude, menée par l’Institut National de la Statistique (INS) auprès des entrepreneurs locaux, donne une illustration de cette rareté des crédits bancaires alloués aux entreprises. En effet, indique ce document, après la fiscalité et les tracasseries administratives, l’accès aux crédits et le coût du financement constituent le troisième obstacle parmi les plus vigoureux qui plombent le développement du tissu productif au Cameroun. D’après l’INS, jusqu’à 30,7 % des projets sont voués à l’échec à cause du difficile d’accès aux financements issus des circuits classiques des banques et des établissements de microfinance. Évidemment, les PME qui constituent plus de 90 % des entreprises créées au Cameroun, en sont le plus pénalisées par ce déficit de financement. Pour contourner cet obstacle et encourager l’initiative privée, le gouvernement milite pour des solutions innovantes à travers des financements dits « alternatifs ». C’est dans ce registre que se classe le Cowdfunding.

La volonté des pouvoirs publics à accompagner le secteur privé dans ce mécanisme financier, a par exemple été formellement manifestée le 28 janvier 2018. En marge du conseil de cabinet présidé à cette date par Yang Philemon, « le gouvernement camerounais encourage [ait] d’autres canaux de financements des PME, à l’instar du Crédit-bail ou encore le financement participatif, encore appelé Crowdfunding ».

Par définition, « le crowdfunding ou financement participatif est un mode de financement qui permet à des porteurs de projet de collecter des fonds auprès d’un grand nombre de particuliers sur des plateformes internet dédiées ». Grâce au développement des Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication, il s’est progressivement imposé comme un complément voire un substitut au financement classique par le système bancaire dans plusieurs économies développées ou en développement. Et même si ce mécanisme de levée de fonds reste à la traine au niveau de la zone Cemac, certaines entreprises camerounaises semblent déjà avoir fleuré la bonne affaire ici. C’est le cas de Kiro’o Game qui a mobilisée de 129, 88 millions de FCFA. Mieux, entre 2011 et 2017, pas moins de 4 421 projets ont été financés via le crowdfunding au Cameroun. Sur la même période, le montant cumulé des fonds mobilisés à travers ce mécanisme se chiffre à 1,1 milliard FCFA. C’est l’équivalent de 0,74% du montant total levé sur le continent.

Pour mémoire, les 100 meilleures campagnes de crowdfunding dans le monde ont permis de lever environ 238 milliards de FCFA en moins de 10 ans. Selon la Banque Mondiale, le potentiel de financement via Crowdfunding en Afrique caracole à 1375 milliards de FCFA à l’horizon 2025 en Afrique. Une opportunité à saisir pour le Cameroun qui ambitionne d’être émergent à l’horizon 2035.

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