Mouvement sécessionniste. Le faux prétexte de l’assimilation culturelle

Le gouvernement  fictif de la république imaginaire d’ambazonie a rappelé dans un tweet ce qu’il qualifie des motifs réels des revendications sécessionnistes. Au rang de ces motifs, l’assimilation culturelle.

Anaïs FOUMANE

« La crise anglophone n’a rien à voir avec les questions de développement ». La déclaration est « de la République fédérale d’ambazonie » la structure politique du mouvement sécessionniste qui s’obstine à obtenir la partition du Cameroun. L’Etat imaginaire affirme que ses griefs concernent le manque de protection institutionnelle, l’assimilation culturelle d’un peuple et de son identité ainsi que le génocide en cours actuellement. Pourtant la constitution camerounaise depuis l’avènement de l’Etat unitaire garantit les mêmes droits civiques, politiques, économiques et sociaux aux citoyens nonobstant leurs origines, leurs croyances religieuses, leurs ethnies ou même encore la langue qu’ils pratiquent. Le français et l’anglais adoptés comme langues officielles sont d’égales valeurs même si le quota démographique a longtemps été de 80% pour la population francophone  et 20% pour les citoyens originaires des régions dites anglophones. Ainsi les bases de l’égalité institutionnelle sont garanties au travers de la constitution et renforcées par une politique culturelle inclusive. Le fondement de la politique culturelle érigée dès les premières années de vie de la Nation repose sur une double perspective,  l’enracinement dans le passé et le dynamisme face à l’avenir.  Autrement, s’appuyer sur les valeurs traditionnelles tout en intégrant les points positifs qu’apportent inéluctablement les cultures étrangères auxquelles se frottent les citoyens. Cette politique culturelle  aide surtout  à créer une conscience nationale tendue vers la réalisation du destin de la nation. Dans un pays aussi diversifié, que le Cameroun, le premier devoir est de donner aux entités culturelles régionales la vigueur qui leur est indispensable en tant que cellules vivantes d’un corps aux multiples fonctions. Ainsi, sans négliger aucunement l’importance psychologique des réalités ethnoculturelles, le bilinguisme offre au peuple un premier facteur d’unification qui facilite les rapports entre sous-groupes et les rapports avec le monde extérieur. Ce choix linguistique constitue une manifestation du réalisme politique du gouvernement. Toutefois, si les relations publiques nationales empruntent le français et l’anglais, l’esprit du peuple est jalousement conservé dans ses matrices originelles, les langues maternelles du territoire national, intensément utilisées dans l’expression de la personnalité culturelle camerounaise. Aussi et comme le rappellent sans cesse de nombreux politiques, la construction d’une identité camerounaise et d’un meilleur vivre ensemble interpelle toutes les composantes de la société. Elle n’est pas l’affaire exclusive des gouvernants, elle est un chantier commun à chaque citoyen  qu’il soit du nord ou du sud, Locuteur anglais ou locuteur français. Pour répondre aux griefs d’assimilation brandis par les sécessionnistes,  on peut également rappeler qu’aucune culture, aucun peuple, ne doit vivre en autarcie.  Les textes fondamentaux du Cameroun ont posé les préalables d’une politique d’intégration et d’unité propice au développement. Et à bien y regarder, les peuples originaires des deux régions en crise  sont ceux qui ont le mieux  gardé jusqu’ici l’essence de leur culture avec des rites, des danses et des tenues qui sont tout un patrimoine national. Quand elles ne sont pas fortement influencées par les valeurs traditionnelles, les populations du Nord-ouest et du Sud-Ouest se laissent davantage modeler par les influences anglosaxonnes et moins par la culture francophone. Ainsi, comme avec les questions de développement jadis avancées pour justifier les revendications, le problème d’assimilation culturelle est un nouveau faux prétexte.

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